La peur de manquer : comprendre ce qu’elle crée dans nos affaires et nos vies
- Valérie Ducourneau - Dirigeante RGMF Consulting

- 10 nov.
- 2 min de lecture
La peur de manquer est l’un des moteurs les plus puissants, mais aussi les plus épuisants. Elle vient souvent de nos expériences passées : moments où nous avons ressenti un manque réel ou symbolique comme le manque d’attention, d’amour, de ressources ou encore de reconnaissance.
Elle peut aussi naître des messages reçus durant l’enfance ou dans notre environnement, qui nous ont appris à craindre la pénurie et à nous protéger coûte que coûte.
Elle épuise parce qu’elle maintient le corps et l’esprit en état d’alerte permanent (hypervigilance, insomnie, stress constant, blocage de communication...) , nous faisant anticiper les pertes possibles et retenir ce qui pourrait disparaître, au lieu de simplement agir depuis nos besoins et nos choix.
Elle s’invite partout : dans la manière de gérer une entreprise, de bâtir une carrière, de prendre des décisions ou même d’aimer, et, s’installe souvent sans bruit, sous couvert de prudence ou de réalisme.
Et pourtant, elle influence profondément nos comportements.
Dans le cadre professionnel, elle se manifeste quand on dit « oui » à tout pour ne rien perdre, quand on se sur-adapte, quand on met de côté ce qu’on voudrait vraiment créer.
On croit sécuriser l’avenir, mais en réalité, on épuise notre énergie et on perd en clarté.
À force de vouloir garantir la stabilité, on finit par étouffer l’élan qui la rend possible.
Dans le cadre de l'entreprise, cette peur prend une autre forme : celle du manque de clients, de visibilité, de revenus. Elle pousse à agir depuis la contraction, à faire sans plaisir, à répéter plutôt qu’à innover. Or, tout ce qui vient de la peur finit par créer ce qu’on voulait éviter : la stagnation.
Ce n’est pas la stratégie qui manque, c’est la confiance dans le flux , l'alignement. Et tant qu’on agit sous tension, le mouvement reste bloqué.
Sur le plan personnel, la même mécanique est à l’œuvre. La peur de manquer crée de l’attachement, de la rétention, parfois même de la méfiance. On retient l’argent, les émotions, les projets. On garde “au cas où”, au lieu d’ouvrir “pour voir”.
La vie stagne dans la rétention.
Elle circule quand on respire, quand on se fait assez confiance pour donner, recevoir et ajuster.
Novembre porte bien cette énergie : celle d’un recentrage, d’un dépouillement juste. C’est un mois où tout ce qui n’est plus aligné se détache.
L’occasion parfaite pour revisiter sa relation à la sécurité, à la valeur et à la confiance.
La peur de manquer n’a pas à disparaître , elle a juste besoin d’être reconnue, comprise, transformée en vigilance consciente plutôt qu’en frein.
Parce qu’au fond, la vraie sécurité ne vient pas de ce qu’on possède.
Elle vient de ce qu’on sait créer, encore et encore, quand tout le reste bouge.




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