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Cessons d’être des poubelles les uns pour les autres : maîtrisons notre émotionnel

  • Photo du rédacteur: Valérie Ducourneau - Dirigeante RGMF Consulting
    Valérie Ducourneau - Dirigeante RGMF Consulting
  • 23 déc. 2025
  • 5 min de lecture

Trop souvent, nous laissons notre énergie être aspirée par ce que les autres nous envoient : critiques, frustrations, attentes ou négativité. Cela pollue notre quotidien, qu’il soit professionnel ou personnel. Mais ce n’est pas une fatalité.

La clé, c’est maîtriser son émotionnel. Cela ne veut pas dire “gérer ses émotions” ou les refouler : cela signifie savoir qui l’on est, ce dont on a besoin, reconnaître ses limites et ses forces.

Quand on maîtrise son émotionnel, on sait où est sa place et où elle ne l’est pas.

On cesse de subir, de recevoir ce qui ne nous nourrit pas, et on commence à mettre un stop aux interactions de médiocrité émotionnelle, pour créer de la qualité dans ses relations et dans son travail.


Se connaître : la première étape de la maîtrise


La maîtrise émotionnelle commence par une connaissance de soi-même. Cela implique :


  • Reconnaître ses besoins réels et ses limites : savoir jusqu’où on peut aller et ce qui nous épuise.

  • Identifier ses forces et ses qualités : comprendre ce que l’on peut apporter aux autres et aux projets que l’on mène.

  • Savoir discerner ce qui est juste pour nous : qu’il s’agisse d’une personne, d’une situation ou d’une mission.


Cette conscience de soi permet de choisir ses interactions et ses environnements, plutôt que de subir ce que les autres nous renvoient.

Elle transforme l’énergie que nous déployons en puissance constructive plutôt qu’en accumulation de frustrations.


Se savoir et être à la bonne place


Il est essentiel que chacun apprenne à se connaître pour occuper une place qui lui correspond réellement.

Si vous n’avez pas de patience avec les gens, si vous vous emportez facilement, si vous êtes vite irrité ou débordé émotionnellement, il est inutile de vous placer dans des fonctions où l’accueil, l’écoute et la stabilité sont indispensables.

Ce n’est pas une question de compétence technique. C’est une question de posture intérieure.

Certaines fonctions demandent de pouvoir recevoir l’autre tel qu’il arrive : tendu, inquiet, en colère, pressé. Cela ne signifie pas tout accepter, mais savoir rester debout émotionnellement.

Lorsque ce n’est pas possible, le problème ne vient pas des autres. Il vient d’un mauvais positionnement.


  • Prenons un exemple très concret. Quand une personne appelle un service client parce qu’elle vit une situation difficile, ce n’est pas à elle de moduler sa détresse pour préserver le confort émotionnel de son interlocuteur. Tant qu’il n’y a pas de manque de respect ! et faites bien attention à ne pas croire que la colère, soit un manque de respect car cela montre surtout qu'il y a un manque de reconnaissance, que la limite est franchie, la posture attendue est celle de l’accueil et de la tenue. Faire la morale à un client, lui expliquer comment il devrait parler ou ressentir, est un signal clair : La personne en face n’est pas à sa place.

  • Il en va de même pour les postes d’accueil. Être à l’accueil, c’est accueillir. Pas filtrer selon son humeur, pas repousser parce que “on est occupé”, pas projeter son irritation sur ceux qui arrivent. Si recevoir les autres vous met en tension, si cela vous agace, si vous sélectionnez inconsciemment les personnes que vous acceptez de voir, ce poste ne vous correspond pas aujourd’hui. Et ce n’est pas grave. Ce qui l’est, c’est de rester dans une fonction qui vous met en difficulté permanente.


On en arrive là aujourd’hui parce qu’on confond la maîtrise émotionnelle avec la gestion émotionnelle.

On demande aux individus de “se gérer émotionnellement”, comme s’ils devaient lisser, contrôler ou neutraliser ce qu’ils ressentent. Or, une émotion ne se gère pas.

Elle a une fonction précise : informer, alerter, signaler un désalignement ou un besoin. Il est profondément inacceptable d’exiger d’un être humain qu’il fonctionne comme un robot.


Maîtriser son émotionnel ne signifie pas faire des efforts permanents pour se contenir.

Cela signifie être à la bonne place. Quand vous êtes à la bonne place, il n’y a pas de lutte intérieure. Il n’y a pas d’effort à fournir. La posture est naturelle.

L’émotion circule sans déborder, parce que l’environnement et la fonction sont alignés avec ce que vous êtes.


Maîtriser son émotionnel, ici, signifie reconnaître ce pour quoi vous êtes fait, ce dont vous avez besoin, et ce que vous ne pouvez pas porter.

Cette lucidité est fondamentale pour construire des équipes solides, pour recruter avec justesse et pour créer des environnements où chacun peut donner le meilleur de lui-même sans se durcir, sans s’agresser, sans se défendre en permanence.

Maîtriser son émotionnel, ici, signifie reconnaître honnêtement ce pour quoi on est fait et ce pour quoi on ne l’est pas encore.

Cette prise de conscience est nécessaire dans le recrutement, dans la constitution des équipes, et dans la pérennité d’une organisation.


Mettre quelqu’un en déséquilibre émotionnel constant ne rend service à personne. Cela crée de la frustration, des conflits, de l’usure et une dégradation générale des relations.

Être à la bonne place permet à chacun de déployer ses qualités réelles, sans se durcir, sans devenir agressif, sans se défendre en permanence. C’est ainsi que l’on construit des environnements solides, fiables et respectueux.


Quand la vie personnelle absorbe à la place


C’est ici que l’erreur devient majeure. À force de privilégier la “gestion émotionnelle” plutôt que la maîtrise, la vie personnelle se met à absorber ce qui n’a pas été clarifié ailleurs. Et c’est un très mauvais calcul.

Pourquoi ? Parce que le socle d’un être humain , et donc de tout professionnel , est affectif.

Ce n’est pas le travail qui constitue la base e notre vie, C’est l’affectif. C’est là que se trouve le refuge, la sécurité, l’ancrage.

Lorsque l’on absorbe trop longtemps, sans discernement, sans repositionnement, ce socle finit par se fissurer. L’individu se retrouve alors en déséquilibre profond, incapable d’accueillir les problématiques extérieures, car il n’a plus de base solide pour le faire.


Aujourd’hui, à force de vouloir performer et “gérer” les émotions, beaucoup se jettent dans le travail pour supporter leur vie personnelle.

Or, cela devrait être l’inverse. Le travail ne doit jamais servir de refuge. Le refuge est dans l’affectif, dans des relations justes, nourrissantes, sécurisantes.

Cette inversion crée non seulement de l’épuisement, mais aussi un mauvais entourage.

Quand on ne se reconnaît pas, quand on ne maîtrise pas son émotionnel, on s’entoure de personnes qui ne nous correspondent pas. Et un indicateur est très simple : quand on se sent lourd, vidé ou écrasé à côté de quelqu’un, ce n’est pas normal.



Refuser la médiocrité émotionnelle


Maîtriser son émotionnel, c’est refuser de vivre dans la confusion relationnelle.

C’est accepter que tout le monde n’est pas fait pour tout ni pour tous, y compris nous-même.

C’est comprendre que poser des limites n’est pas une fermeture, mais un acte de clarté et de protection.

C’est choisir la qualité plutôt que l’accumulation, la justesse plutôt que la complaisance.

Tout commence par soi. Par cette décision de ne plus servir de réceptacle à ce qui abîme, et d’ouvrir la voie à des relations plus conscientes, plus respectueuses et plus alignées.



Aujourd’hui, où êtes-vous encore en train de tenir une place qui vous demande de vous contraindre émotionnellement au lieu de vous respecter ?

Et si maîtriser votre émotionnel commençait simplement par un repositionnement juste, pour vous-même, pour les autres et pour ce que vous construisez ?









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